La vie est une belle expérience

Voilà quelques semaines que je réfléchis à un article sur la notion d’échec dans la vie. J’ai d’abord réfléchi à un titre comme: « La vie n’est pas un fleuve tranquille ». Finalement j’en suis arrivée à la conclusion que l’échec est positif et devrait être envisagé comme une expérience formatrice.

Ce billet a été inspiré par l’article du blog Une chic fille. Lire ce genre de récit m’a vraiment boosté, surtout en ce moment où je fais le bilan de deux années ponctuées d’échecs et de réussites.

1.Tu as le droit de rebondir !

J’ai mis longtemps à comprendre qu’on avait le droit de rebondir après un refus, une mauvaise note ou un échec professionnel. Il m’a toujours été difficile d’accepter que j’avais le droit de me tromper en classe pour avancer. J’ai toujours préféré le mutisme à une faute à l’oral. Je pensais qu’il fallait être parfaite. Pourtant en ayant été sportive de haut niveau, j’ai connu de nombreux échecs dans ma jeunesse. Encore aujourd’hui dans les conversations entre amis, on évite d’aborder les difficultés dans nos vies quotidiennes en se concentrant sur le positif, comme si c’était une honte d’évoquer des émotions fragiles. De part mon expérience, je sais maintenant que dès la seconde où j’ai commis une erreur, j’ai droit à un second souffle pour avancer.

Ile de la Réunion

2. N’ayez pas peur du regard des autres !

En analysant mes émotions face à l’échec, je me suis rendue compte que j’avais très peur du regard des autres. J’imaginais des scénarios dans ma tête. Au lendemain du jour où j’ai été virée sèchement par mail, le monde autour de moi s’est écroulé. Suis-je considérer comme nulle à l’égard de mes proches? J’avais déjà tout faux dans ma vision de voir les évènements. J’exprimais ma peine sur Facebook pour faire part de mon injustice. Le milieu de la mode peut être parfois virulent et on ne vous fait pas de cadeau. D’autant plus quand on travaille dans un pays où les droits de l’homme sont régulièrement bafoués: « Oubliez votre contrat ». Même si j’avais des amis sur place pour me soutenir et inciter à aller de l’avant, je me suis sentie extrêment seule. Mais je me suis vite rendue compte que mes amis me soutenaient vraiment dans cette situation et que je n’étais pas finalement une moins que rien à leurs yeux.

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3. Tu es maître de ton destin !

Même si certains d’entre eux ont pu penser que j’étais en situation d’échec, c’était à moi de prendre conscience que je n’étais pas nulle. L’échec ne vous empêchera pas d’avancer. J’étais plus à même d’évoluer que ceux qui me jugaient négativement. D’ailleurs, 3 semaines plus tard je retrouvais du boulot dans le même domaine. Ce qui m’a aidé est de percevoir le temps comme un lieu de création et d’action. « Ok, je ne suis peut-être plus en phase avec mon ancien patron, mais je ne manque pas de ressources et peut-être que je peux innover, inventer et même rebondir ». Cette expérience m’a aussi fait comprendre mes erreurs et je sais que plus tard elle sera une source d’inspiration et m’aidera à ne pas répéter les mêmes schémas.

Coucher de soleil

4. Regarde autour de toi!

Avec du recul, c’est étrange d’être virée au Cambodge du jour au lendemain. Tu mets toutes les affaires de ton ancien boulot dans un tuk-tuk en pleurant et en pensant que c’est la fin du monde. Autour de toi, il y a partout des touristes souriants qui vont visiter les temples. Il fait très beau. Le lendemain tu te réveilles avec la gueule de bois, mais les enfants de ton quartier te disent avec un énorme sourire « Helloooo!!! ». Les chiens te regardent toujours avec le même air blasé et ton conducteur de moto-taxi (parce que ton vélo t’a aussi lâché à ce moment là) te propose la course gratuite après que tu lui dises: « I lost my job, I have to walk ». Tu prends ton café à la boulangerie du coin et tu respires cette sensation de liberté, cette même sensation qui tu as ressenti en quittant ta zone de confort, en posant les pieds sur le tarmac de l’aéroport à ton arrivée au Cambodge. A ce moment là, tu comprends que ce n’est pas grave et finalement que la vie continue.

Kampot

 

 

 

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Qui suis-je?

Koh Rong

Je m’appelle Marina. Voilà deux ans déjà, je m’envolais pour un stage éthique à l’autre bout du monde dans un pays d’Asie du Sud-Est. Un aller simple tout simplement. Je n’avais aucune idée de la date du retour. J’ai le souvenir d’avoir été stressée et d’avoir beaucoup pleuré. Vous laissez votre amoureux sur le palier de l’appartement en espérant le revoir dans 6 mois. Mais au fond de vous, vous ressentez les derniers adieux à l’instant même où les portes de l’ascenseur se ferment. Il est 5h30 du matin dans les rues de la ville et il n’y a pas un chat.

Dans le métro qui vous mène à la gare, vous réalisez que c’est en quelque sorte le voyage de votre vie. Vous savez, celui que vous rêvez de faire après avoir vu « Into the Wild ». Vous partez à l’aventure avec vos rêves et vos idées préconçus sur le monde. Vous ne réfléchissez pas un instant à la question : « mais le monde a-t-il réellement besoin de moi ? ». Les photos sur internet et les articles lus ici et là vous confortent dans votre choix d’aller découvrir l’inconnu et d’apporter votre pierre à l’existence. Je vais aller aider un monde que je ne connais pas.

J’étais jeune et j’avais envie d’agir par mes petites actions quotidiennes, comme si partir dans un pays tel que le Cambodge, était un devoir de l’existence. Mais où avais-je la tête ? Et quelle prétention finalement. Après deux ans sans être rentrée une seule fois en France, c’est le Cambodge qui m’a changée. J’y ai rencontré un peuple fabuleux avec le cœur sur la main. Je suis aussi passée par plusieurs stades au niveau des émotions. J’ai aimé vivre de manière traditionnelle, puis j’ai adoré faire du lèche vitrine à Bangkok et me jeter sur le premier « fast food » après un an sans « modernité ». Je relativise « modernité » car on vit quand même très bien à Siem Reap, au pied des temples d’Angkor.

Comment j’en suis arrivée là ? J’ai toujours rêvé d’être styliste, comme beaucoup de jeunes filles. Mais pour diverses raisons, j’ai souvent eu des difficultés à me détacher de mon image d’ «intello geek surdouée». J’aurais tant bien que mal un Deug de physique et de droit. J’aurais été en CDD, puis en CDI rapidement dans une superbe entreprise avec des collègues en or. Mais l’appel du rêve a été plus fort. Après un an de formation mouvementée au sein d’une école de mode, je m’envole donc pour un stage non conventionné au Cambodge. Je découvre l’univers du commerce équitable avec ses bons et mauvais côtés.

Un jour alors que je dessinais seule sur une terrasse en admirant le coucher de soleil, je rencontre un designer de bijoux qui complimente mon coup de crayon. Je suis flattée. Les jours passent et je recroise cet homme qui m’a complimenté. Il me parle d’un styliste très connu dans la ville. Il me dit qu’il va le contacter et lui parler de moi. Je suis naïve mais il y a des limites. Voilà qu’après 4 mois d’attente, je m’empresse de réserver mon billet retour. Au moment d’envoyer ma pièce d’identité pour confirmer mon vol, je reçois un e-mail de ce « fameux » styliste m’invitant à m’entretenir avec lui. Il faut savoir que j’étais décidée à rentrer et que j’y suis donc allée par curiosité à cet entretien. J’avais surtout dit à mon amoureux de l’époque que je rentrais. Le pauvre, ça faisait 4 mois qu’il attendait lui aussi de savoir si j’allais revenir.

Mais voilà. Imaginez la scène. On m’annonce que je suis embauchée en tant qu’assistante styliste. Le rêve d’une vie qui se concrétise. Le choix n’a pas été simple, mais je suis restée après avoir pleuré toutes les larmes de mon corps. Mes copines m’avaient dit : « Imagine tous les matins où tu t’es levée pour aller à l’école ! C’était pour ton avenir ». J’ai donc travaillé deux ans dans ce pays étranger sans assurance. J’aurais connu des moments de joies intenses avec des amis de passage ou des locaux, mais aussi des déconvenues comme par exemple la perte d’un être cher à des milliers de kilomètres, le licenciement brutal, ou une chute grave dans les escaliers. Chaque jour, j’ai dû faire preuve de « résilience » pour colorer chaque nouvelle seconde de ma vie d’une note d’espoir.

A travers ce blog, vous lirez mes réflexions sur le voyage et la vie à travers mes expériences en tant qu’« immigrée » au Cambodge pendant deux ans. Je ne prétends détenir aucune vérité, mais je ressens surtout le besoin d’écrire pour extérioriser cette aventure hors du commun. Aujourd’hui, je comprends qu’il faut vivre pleinement l’instant présent et déconstruire nos schémas préconçus pour saisir sans jugement toutes les subtilités de ce monde. Voyager est important pour voir le monde et le comprendre. Voyager c’est aussi se voir soi-même et s’accepter. J’aborderai aussi le thème du « rêve », de la « passion » et de l’ « ego », ces trois mots qui rythment ma vie au quotidien. Merci de me lire si vous êtes de passage et bienvenue à vous !