Vivre au Cambodge !

Hamacs

Comment vit-on au Cambodge avec un contrat local ? Dans cet article, je vais vous faire partager mon train-train quotidien pendant 2 ans. Ce n’est qu’un aperçu général parce que bien sûr dans une journée, il peut se passer beaucoup de choses quand on vit au Cambodge et d’une personne à l’autre l’expérience sera bien sûr différente.

  • Métier sur place: assistante styliste
  • Salaire/mois: 600 dollars
  • Loyer/mois: 70 dollars
  • Electricité/mois: 5 dollars
  • Nourriture sur place: 200 dollars
  • Extra: 50 dollars
  • Vélo: 35 dollars

Chaque matin, je me levais à 8h et je commençais mes journées à 10h après avoir pris un petit café à la boulangerie du boulevard Sivatha. Ce moment était précieux pour moi. Je pouvais observer le va-et-vient des touristes et le jeu quotidien des tuk-tuk. C’était un luxe de pouvoir prendre le temps d’observer la vie avant d’aller travailler. Ce plaisir était décuplé en période de mousson quand seul le bruit de la pluie rythmait la ville.

Je circulais principalement à vélo même quand il faisait plus de 40 degrés en avril. Je travaillais 8h par jour du lundi au samedi, soit 48 heures par semaine. Honnêtement, je ne suis pas sûre de pouvoir tenir ce rythme en Europe avec les changements de saison. Mais au Cambodge, je n’ai pas trouvé cette cadence soutenue, d’autant plus que j’avais un métier passionnant.

Is it « Made in China? »

C’était une chance de pouvoir créer des vêtements pour un magasin situé dans une rue touristique. J’ai pu voir des touristes du monde entier et adapter les créations en fonction de chaque nationalité. Les touristes qui m’ont le plus étonné sont les Chinois. Ils scrutaient délicatement chaque vêtement et demandaient d’un air dubitatif « Is it Made in China? ». J’adorais ce genre de situation complètement absurde!

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Je travaillais donc chaque jour à l’atelier et parfois dans le magasin afin de connaître les clients et d’observer leurs habitudes d’achat. A la fin de la journée, je mangeais avec mes amis un riz frit à 1 euro ou un pho vietnamien à 1.50 dollars dans un boui-boui du coin. Nous refaisions le monde à côté du  bruit des motocycles, voitures et karaokés nocturnes.

J’avais un petit réchaud chez moi pour cuisiner mais pas de frigo. Les coupures de courant étant fréquentes au Cambodge, il était trop risqué de laisser pourrir les aliments. Je n’étais pas suffisamment posée aussi pour me permettre d’acheter un frigo et des meubles. J’étais contente avec un lit et mes deux terrasses avec vue sur coucher de soleil et lever de soleil.

Pub Street je t’aime moi non plus!

Le weekend nous dansions comme des fous avec mes amis locaux et français à Pub Street. J’ai mis du temps à aller danser sur les musiques de Lady Gaga en buvant de la bière à 50 centimes. Ayant commencé par un stage équitable, je rejetais toute cette superficialité et je voulais voir le Cambodge traditionnel comme je l’ avais imaginé avant d’arriver sur place.

Mais au fil du temps, je me suis rendue compte que beaucoup de locaux aimaient danser et faire la fête. Halloween est pratiquement une fête nationale à Siem Reap! Tout le monde se déguise et fait la fête, aussi bien les locaux que les expats. Je suis donc passée à côté du côté festif de la ville les six premiers mois mais je me suis rattrapée les mois qui ont suivi…

Angkor Wat mais encore…

Angkor Wat

Quand on vit sur place, on ne visite pas les temples tous les weekends. Déjà parce que cela peut coûter cher d’y aller souvent et puis une certaine routine finit par s’installer au fil des mois. Nous passions nos dimanches souvent à la piscine d’un hôtel, moyennant la somme de 3 à 8 dollars. Les plus téméraires vont faire du vélo à la campagne cambodgienne, mais cela dure un temps. Comme vous l’avez compris, il faut s’occuper et il n’y  a pas toutes les distractions comme en Europe. C’est dans ces moments là que l’idée de créer un blog sur la vie au Cambodge m’est venue à l’esprit et en anglais pour corser le tout. La majorité des locaux au centre ville parlent un anglais plutôt correct. Je voulais communiquer avec eux. Il était temps de mettre à profit 7 ans d’anglais scolaire en créant un blog avec plein de fautes! Je me suis  mise aussi à apprendre le Khmer mais j’ai vite abandonné quand les locaux sur place me répondaient en anglais…

Mon premier blog: http://lifestyleincambodia.com/

La vie est une belle expérience

Voilà quelques semaines que je réfléchis à un article sur la notion d’échec dans la vie. J’ai d’abord réfléchi à un titre comme: « La vie n’est pas un fleuve tranquille ». Finalement j’en suis arrivée à la conclusion que l’échec est positif et devrait être envisagé comme une expérience formatrice.

Ce billet a été inspiré par l’article du blog Une chic fille. Lire ce genre de récit m’a vraiment boosté, surtout en ce moment où je fais le bilan de deux années ponctuées d’échecs et de réussites.

1.Tu as le droit de rebondir !

J’ai mis longtemps à comprendre qu’on avait le droit de rebondir après un refus, une mauvaise note ou un échec professionnel. Il m’a toujours été difficile d’accepter que j’avais le droit de me tromper en classe pour avancer. J’ai toujours préféré le mutisme à une faute à l’oral. Je pensais qu’il fallait être parfaite. Pourtant en ayant été sportive de haut niveau, j’ai connu de nombreux échecs dans ma jeunesse. Encore aujourd’hui dans les conversations entre amis, on évite d’aborder les difficultés dans nos vies quotidiennes en se concentrant sur le positif, comme si c’était une honte d’évoquer des émotions fragiles. De part mon expérience, je sais maintenant que dès la seconde où j’ai commis une erreur, j’ai droit à un second souffle pour avancer.

Ile de la Réunion

2. N’ayez pas peur du regard des autres !

En analysant mes émotions face à l’échec, je me suis rendue compte que j’avais très peur du regard des autres. J’imaginais des scénarios dans ma tête. Au lendemain du jour où j’ai été virée sèchement par mail, le monde autour de moi s’est écroulé. Suis-je considérer comme nulle à l’égard de mes proches? J’avais déjà tout faux dans ma vision de voir les évènements. J’exprimais ma peine sur Facebook pour faire part de mon injustice. Le milieu de la mode peut être parfois virulent et on ne vous fait pas de cadeau. D’autant plus quand on travaille dans un pays où les droits de l’homme sont régulièrement bafoués: « Oubliez votre contrat ». Même si j’avais des amis sur place pour me soutenir et inciter à aller de l’avant, je me suis sentie extrêment seule. Mais je me suis vite rendue compte que mes amis me soutenaient vraiment dans cette situation et que je n’étais pas finalement une moins que rien à leurs yeux.

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3. Tu es maître de ton destin !

Même si certains d’entre eux ont pu penser que j’étais en situation d’échec, c’était à moi de prendre conscience que je n’étais pas nulle. L’échec ne vous empêchera pas d’avancer. J’étais plus à même d’évoluer que ceux qui me jugaient négativement. D’ailleurs, 3 semaines plus tard je retrouvais du boulot dans le même domaine. Ce qui m’a aidé est de percevoir le temps comme un lieu de création et d’action. « Ok, je ne suis peut-être plus en phase avec mon ancien patron, mais je ne manque pas de ressources et peut-être que je peux innover, inventer et même rebondir ». Cette expérience m’a aussi fait comprendre mes erreurs et je sais que plus tard elle sera une source d’inspiration et m’aidera à ne pas répéter les mêmes schémas.

Coucher de soleil

4. Regarde autour de toi!

Avec du recul, c’est étrange d’être virée au Cambodge du jour au lendemain. Tu mets toutes les affaires de ton ancien boulot dans un tuk-tuk en pleurant et en pensant que c’est la fin du monde. Autour de toi, il y a partout des touristes souriants qui vont visiter les temples. Il fait très beau. Le lendemain tu te réveilles avec la gueule de bois, mais les enfants de ton quartier te disent avec un énorme sourire « Helloooo!!! ». Les chiens te regardent toujours avec le même air blasé et ton conducteur de moto-taxi (parce que ton vélo t’a aussi lâché à ce moment là) te propose la course gratuite après que tu lui dises: « I lost my job, I have to walk ». Tu prends ton café à la boulangerie du coin et tu respires cette sensation de liberté, cette même sensation qui tu as ressenti en quittant ta zone de confort, en posant les pieds sur le tarmac de l’aéroport à ton arrivée au Cambodge. A ce moment là, tu comprends que ce n’est pas grave et finalement que la vie continue.

Kampot